Économie

10 choses à savoir sur le projet PARE qui vise à stimuler la rentabilité du bétail en Haïti

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Au mois de février 2023, le gouvernement des États-Unis, à travers l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), annonçait le lancement du Programme d’Appui à la Rentabilisation de l’Élevage (PARE) ayant pour objectif de stimuler la rentabilité du bétail dans le pays à travers le soutien aux chaînes de valeur de l’élevage ainsi que la construction d’un système de marché du bétail plus résilient apte à stimuler une commercialisation rentable des chaînes de valeur bovine, caprine, ovine et avicole dans 34 communes des départements du Nord, du Nord-Est, du Centre et du Sud d’Haïti.

Plus d’un an après l’annonce de ce lancement, notre rédaction, avec l’aide de l’équipe du projet, présente une compilation synthétique des grandes lignes de ce projet.

1.         La méthode PARE pour stimuler l’élevage en Haïti

PARE veut améliorer le fonctionnement du système de marché bétail. Le projet vise à augmenter la productivité et la rentabilité de l’élevage en facilitant l’accès des producteurs à des services clés :

•           Intrants d’élevage,

•           Soins vétérinaires,

•           Géniteurs de qualité répondant aux besoins du marché, renforcement de capacités et vulgarisation,

•           Crédit adapté,

•           Un système de marché plus structuré pour la commercialisation des produits.

Cette amélioration se fera par le biais d’investissements du secteur privé dans les différents segments du système de marché.

2.         L’état des lieux du marché du bétail en Haïti, selon PARE

•           Difficultés des entrepreneurs à s’approvisionner en intrants à cause de la situation socio-politique, sécuritaire, et des problèmes de la frontière avec la République dominicaine;

•           Fermeture des poulaillers à cause des problèmes d’approvisionnement en aliments et en poussins d’un jour ;

•           Réduction des échanges commerciaux au niveau des principaux marchés ruraux et régionaux à cause des difficultés de déplacement des acteurs (acheteurs et revendeurs) ;

•           Insuffisance de fourrage pour subvenir aux besoins des animaux en période de sécheresse ;

•           Faible accès des éleveurs à des services de soins de santé animale et de protection des animaux par la vaccination ;

•           Perte des animaux due au vol et à la mortalité.

3.         Les étapes à franchir selon PARE pour renforcer le marché du bétail en Haïti

•           Faciliter le renforcement des capacités des producteurs pour qu’ils puissent être en mesure d’adopter les nouvelles technologies et les innovations lui permettant d’améliorer la productivité de son élevage ;

•           Soutenir le développement d’un réseau de services de vulgarisation résilient pour encourager l’adoption de bonnes pratiques d’élevage par les éleveurs ;

•           Accompagner les fournisseurs d’intrants et de services pour qu’ils étendre la portée de leurs services, en touchant davantage d’éleveurs;

•           Faciliter le réseautage et la circulation d’informations entre les acteurs du système de marché ;

•           Encourager la valorisation des produits animaux par la promotion des unités de transformation (laiteries, boucheries).

4.         Les acteurs de la chaîne de valeur de l’élevage en Haïti

•           Les producteurs,

•           Les fournisseurs d’intrants,

•           Les intermédiaires (agrégateurs, madan Sara),

•           Les transformateurs (laiteries),

•           Les bouchers,

•           Les fournisseurs de services vétérinaires,

•           Les transporteurs,

•           Les consommateurs

5.         Caractéristiques propres à chacune des chaînes de valeur (bovine, caprine, ovine et avicole)

•           L’élevage des bovins reste traditionnel à plus de 99% et est conduit à des fins de production de viande principalement, de production de lait et de travail (charrue) secondairement.

•           Les petits ruminants (caprins et moutons) sont élevés principalement dans les zones à faible pluviométrie et ils sont exploités uniquement pour la viande.

•           L’aviculture traditionnelle est pratiquée par un très grand nombre d’exploitations agricoles qui conduisent moins d’une dizaine de volailles.

•           L’aviculture semi intensive est quant à elle pratiquée dans les zones péri-urbaines par des professionnels ou des entrepreneurs avec utilisation importante d’intrants importés.

6.         Régions du pays où l’élevage représente un secteur d’activité à fort impact économique

•           Faciliter l’accès des acteurs du système de marché à des crédits adaptés à leurs activités ;

•           Nord

•           Nord-est

•           Sud

•           Plateau Central

7.         Les pistes PARE pour une meilleure rentabilité du sous-secteur élevage

•           Créer un environnement économique favorable au développement de l’élevage en agissant sur les facteurs qui pourront réduire la concurrence des produits importés et en organisant la commercialisation des intrants en amont et les produits d’élevage en aval ;

•           Mettre en place des mesures de protection sanitaire de l’élevage ;

•           Mobiliser des ressources pour la promotion de l’élevage et l’encadrement des éleveurs ;

•           Créer un système viable et accessible de crédit à l’élevage à travers les structures financières

8.         Les contraintes selon PARE au développement de l’élevage en Haïti

•           Faible niveau technique de la filière volaille qui le rend moins compétitif dans les conditions actuelles face à la concurrence des pays voisins dominicain et américain mieux pourvus en ressources et technologiquement beaucoup plus avancés ;

•           Manque d’encadrement, de savoir et de savoir-faire des éleveurs qui limite leurs capacités à moderniser leurs exploitations ;

•           La concurrence déloyale imposée par les produits issus de la contrebande ; Les problèmes pour s’approvisionner en aliments de qualité et à des prix favorables pour la production.

Investissements limités dans les infrastructures de transformation (laiteries, abattoirs) et non-conformité aux normes régionales et internationales en matière d’hygiène et de mesures sanitaires.

9.         Atout pour attirer plus d’investissements privés

•           Existence d’une demande solvable en produits d’origine animale (viande, œufs, lait) que les importations peinent à couvrir.

•           La consommation haïtienne de viande devrait poursuivre une croissance annuelle de 20% entre 2018 et 2027, ce qui suggère une demande interne solide et souligne le fort potentiel de croissance du secteur.

10.       Les résultats attendus du projet PARE

•           Amélioration de la résilience de 30 000 ménages et 100 entreprises ;

•           Facilitation de plus de 65 millions de dollars de ventes pour les producteurs, les fournisseurs d’intrants et d’autres entreprises ;

•           Mobilisation de 3,6 millions de dollars d’investissements du secteur privé d’ici 2027.

DevHaiti

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