Budget en trompe-l’œil face à une crise profonde
Alors que le pays est plongé dans une crise marquée par l’instabilité politique et l’insécurité, les autorités haïtiennes peinent à présenter un décret budgétaire réaliste et viable. Ledit décret budgétaire 2024-2025, adopté dans un contexte de blocages institutionnels et de dysfonctionnements de l’appareil d’État, soulève de nombreuses interrogations.
Les principes fondamentaux de toute loi de finances, tels que l’antériorité, l’annualité, la sincérité et l’équilibre, semblent bafoués. L’adoption tardive (absence de débat) du budget, les révisions constantes et les prévisions irréalistes témoignent d’une gestion budgétaire plus que lacunaire.
L’objectif affiché de collecter 192 milliards de gourdes apparaît comme un vœu pieux dans un contexte de crise économique profonde. Les blocages, les grèves et les dysfonctionnements de l’appareil de collecte ont rendu cette ambition illusoire. De même, le principe d’équilibre budgétaire semble compromis par les dépenses excessives et la diminution de l’aide externe.
Cette situation met en évidence l’incapacité des autorités à faire face aux défis économiques auxquels le pays est confronté. La crise politique persistante, l’insécurité généralisée et la corruption endémique sapent toute perspective de redresse- ment.
Dans l’élaboration d’une loi de finances efficace, ici nous parlons de décret budgétaire, plusieurs principes de base doivent être respectés, comme les principes d’antériorité, d’annualité, d’universalité, d’unité, de sincérité, de spécialité, de transparence ou d’équilibre. Parmi ceux-ci, quatre principes se distinguent pour asseoir la présente approche, à savoir les principes d’antériorité, d’annualité, de sincérité et d’équilibre. Cela ne signifie pas que les autres principes sont moins importants.
Dans l’élaboration d’une loi de finances efficace, ici nous parlons de décret budgétaire, plusieurs principes de base doivent être respectés, comme les principes d’antériorité, d’annualité, d’universalité, d’unité, de sincérité, de spécialité, de transparence ou d’équilibre. Parmi ceux-ci, quatre principes se distinguent pour asseoir la présente approche, à savoir les principes d’antériorité, d’annualité, de sincérité et d’équilibre. Cela ne signifie pas que les autres principes sont moins importants.
Antériorité : la loi de finances doit être adoptée avant le début de l’exercice budgétaire. Le gouverne- ment prépare le projet de loi et le soumet au parle- ment plusieurs mois à l’avance, permettant des discussions approfondies sur les priorités budgétaires et les allocations de ressources. Cela se fait rarement en Haïti.
Annualité : le budget est voté et exécuté pour une durée d’un an. Ce principe assure une gestion budgétaire rigoureuse et transparente, avec des ajustements annuels basés sur les besoins de l’État.
Sincérité : les prévisions budgétaires doivent être réalistes et vérifiables, assurant la transparence et la fiabilité des finances publiques.
Équilibre : il est crucial d’éviter un déficit excessif en s’assurant que les recettes couvrent les dépenses programmées, garantissant ainsi la stabilité économique et la gestion responsable des finances publiques.
À bien observer, on verra aisément que le décret budgétaire est le reflet d’un État en difficulté, voire en faillite, incapable de maîtriser ses finances et d’offrir de meilleures perspectives à une population rongée par la misère et les actes de banditisme.
En août 2024, un budget rectificatif a été adopté pour corriger la faible exécution du budget initial et intégrer de nouvelles priorités. Selon Jean-Michel Silin, directeur de la DGB, le budget initial de 320 milliards de gourdes a été revu à la baisse. De même, les ambitions de collecter 192 milliards de gourdes en recettes domestiques ayant été compromises par trois mois de dysfonctionnement des institutions de collecte.
DevHaiti