L’alimentation scolaire : un investissement rentable pour l’avenir
Investir dans l’alimentation scolaire revient à investir dans l’avenir de nos enfants, ce qui constitue un élément essentiel pour une éducation de qualité. De nombreuses études démontrent que l’apprentissage des enfants est facilité par une alimentation scolaire saine, qui leur permet de développer leur capital humain et de réaliser à l’âge adulte un potentiel notable de revenus.
Le Plan Stratégique National de l’Alimentation Scolaire 2024-2030 se propose de répondre à certains défis en s’attaquant aux causes profondes de la malnutrition et de la faim en milieu scolaire. En matière de nutrition et d’alimentation, il s’agit de créer un consensus autour du programme et de galvaniser une approche holistique sur le territoire haïtien.
Plus de 70 % de la richesse des pays à revenu élevé sont attribuées au capital humain, contre 40 % dans les pays à faible revenu. La santé et l’alimentation scolaire des enfants de cinq à 19 ans doivent faire l’objet d’une attention particulière, car c’est durant ces années que se développent leurs capacités cognitives, alors que, selon une étude de la CEPAL, la malnutrition chronique et l’anémie ont coûté à l’économie haïtienne près de 1,26 milliard de dollars entre 2013 et 2020, soit une perte de 16 % du PIB.
Du fait de ses apports à de multiples secteurs, le coût-bénéfice de l’alimentation scolaire est élevé, avec des retours de 9 dollars pour chaque dollar investi. Ces chiffres consignés dans le Plan Stratégique National de l’Alimentation Scolaire (PSNAS) 2024-2030 révisé montrent à quel point l’enjeu d’un tel investissement est de taille.
Le Plan Stratégique National de l’Alimentation Scolaire (PSNAS) révisé, publié au premier trimestre de l’année 2024, est un document dont l’ambition vise à améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition des élèves haïtiens à travers l’alimentation scolaire. En s’attaquant aux problèmes de malnutrition et de faim, le PSNAS révisé s’inscrit dans les efforts du gouvernement haïtien pour atteindre les objectifs de développement durable (ODD), notamment l’ODD 2 qui veut arriver à la «faim zéro».
Le PSNAS estime que l’alimentation scolaire est le filet de protection sociale le plus large en Haïti, devant les programmes de transferts monétaires, avec plus d’un million d’élèves servis en 2022-2023, et l’un des plus durables, puisqu’il existe depuis 1997. «En Haïti, 85% du budget des ménages les plus pauvres sont destinés aux dépenses alimentaires et les ménages sont souvent poussés à prendre des crédits pour subvenir à ces besoins.»
L’alimentation scolaire constitue un transfert indirect de ressources aux ménages, conditionnés par la participation des enfants à l’école et à ce titre, elle fonctionne comme d’autres transferts fondés sur une aide alimentaire ou monétaire conditionnelle.
Les enfants âgés entre 6 et 12 ans ont des besoins journaliers évalués entre 1 300 et 1 900 kcal et à 40 grammes de protéine. Les quantités servies doivent être adaptées selon le groupe d’âge des enfants. La prévalence d’enfants plus âgés que leur niveau dans les salles de classe peut rendre la mise en œuvre plus difficile.
Selon les normes du Center for Disease Control (CDC) citées par le PSNAS, un programme d’alimentation scolaire devrait fournir aux enfants au moins 50% des calories qu’ils nécessitent chaque jour.
Etant donné le contexte actuel d’insécurité alimentaire, les enfants pourraient ne pas avoir accès auxautres 50% de calories qu’ils devraient recevoir en dehors de l’école. Par conséquent, le document prévoit que le repas doit couvrir entre 50 et 75% des besoins journaliers des enfants, la majorité d’entre eux ne recevant que l’unique repas de la cantine.
Le PSNAS révisé a le potentiel d’améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition des élèves haïtiens de plusieurs manières. En augmentant l’accès à des repas nutritifs et sains à l’école, le PSNAS contribuera à réduire la malnutrition et la faim chez les élèves. Le document dit stratégique promeut des pratiques d’alimentation saine et durable. Il permettra aux élèves d’acquérir des connaissances et des compétences essentielles pour une vie saine. En renforçant les capacités locales de production et d’approvisionnement en denrées alimentaires, le PSNAS contribuera à épauler l’économie des régions et à créer des emplois. Le PSNAS révisé est un outil essentiel pour améliorer la sécurité alimen- taire et la nutrition en Haïti.
Quand le président de la République d’alors a lancé, en juillet 1997, le Programme National des Cantines Scolaires (PNCS), René Préval jeta du même coup les bases de la transition vers une appropriation du programme par le gouvernement. L’objectif initial du PNCS est de contribuer à la structuration des actions d’appui aux cantines scolaires en une intervention durable de renforcement de la sécurité alimentaire et du statut nutritionnel des bénéficiaires: les enfants d’âge scolaire.
En définitive, le PSNAS révisé (la première date de 2016) vise à redéfinir les contours du Programme d’alimentation scolaire à l’horizon 2030: sa vision, ses objectifs, les critères de ciblage et de sélection des écoles, les normes nutritionnelles, les modalités de mise en œuvre et le rôle des acteurs, ainsi que les mécanismes de financement.

DevHaiti