L’Union européenne, un acteur de la protection sociale en Haïti
Après un peu plus de six (6) années consécutives de croissance économique négatives sur fond d’instabilité politique, d’insécurité généralisée et de crise humanitaire aigüe en Haïti, où des milliers de familles haïtiennes luttent au quotidien pour satis- faire leurs besoins de base, la protection sociale représente plus que jamais un levier essentiel pour faire reculer la pauvreté et ainsi voler au secours des plus vulnérables.
En effet, dans ce contexte de vulnérabilité socio-économique chronique, la question de la protection sociale doit être considérée comme un enjeu crucial pour Haïti. Avec des ressources budgétaires limitées, dont une pression fiscale de moins de 5%, l’État haïtien manque cruellement de fonds pour financer les dépenses sociales et ainsi faire face à des défis tels que l’insécurité alimentaire, le chômage, la précarité des conditions de vie et l’accès limité aux services sociaux de base.
Afin d’aider l’État haïtien à combler ce déficit de financements alloués aux dépenses sociales, des partenaires internationaux apportent leur soutien en injectant des fonds et en finançant des projets et programmes à forts impacts sociaux, notamment l’Union européenne (UE) qui, au fil des années, ne cesse de se positionner comme un acteur majeur contribuant aux politiques de protection sociale dans le pays.
À titre d’exemple, l’UE, dans le cadre de son programme d’appui budgétaire à l’État haïtien, organise des campagnes de sensibilisation autour de la protection sociale et de la bonne gouvernance, en lien avec des acteurs de la société civile haïtienne. Elle soutient donc la mise en œuvre de la Politique nationale de protection et de promotion sociale (PNPPS), notamment à travers des campagnes de sensibilisation axées sur la bonne gouvernance et la protection sociale.
En d’autres termes, l’UE, en tant que partenaire international, se démarque par la constance de son engagement et son appui financier structurant. Depuis plusieurs années, l’UE accompagne donc l’État haïtien à travers des appuis budgétaires ciblés, des programmes de soutien institutionnel et des projets pilotes visant à améliorer les filets sociaux.
Aussi l’UE finance-t-elle des initiatives concrètes pour les plus vulnérables à travers des projets de formation, de création de microentreprises et des activités créatrices de revenus pour les jeunes de quartiers vulnérables de la zone métropolitaine de Port-au-Prince. En outre, en finançant ces projets, l’UE veille à ce que de nombreuses familles haïtiennes bénéficient cantines scolaires, de services de santé de base et d’interventions de développement communautaire.
L’UE est particulièrement active dans le développe- ment de programmes de sécurité alimentaire et nutritionnelle, à travers le Programme Multisectori- el de Sécurité Alimentaire et Nutrition (PMSAN) II qui fait suite au premier volet du PMSAN I d’un mon- tant de 51 millions d’euros. Le PMSAN II, un programme à hauteur de 37 millions d’euros cofinancé par l’Agence française de développement (AFD), s’articule autour des trois composantes suivantes : la Gouvernance Sécurité Alimentaire et Nutri- tion au niveau central, l’appui à la nutrition avec des paquets d’interventions directes/développement d’activités créatrices de revenus, et enfin l’appui à la commercialisation des filières de production, de transformation et de distribution.
De plus, l’UE apporte son soutien à des projets mis en œuvre par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) qui visent l’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle et le renforcement de la résilience des populations vulnérables à la production ; la transformation et la commercialisation vivrière paysanne durable ; ou encore l’agriculture résiliente et l’alimentation scolaire durable. Ces projets sont mis en œuvre dans les départements du Nord-Est, du Centre et de la Grand’Anse.
Outre le PMSAN II, et les interventions de la FAO, l’UE finance un projet de développement agricole durable de résilience de la sécurité alimentaire dans des communautés du Nord-Ouest. Celui-ci est mis en place par une ONG internationale, AVSI, en suiva- nt une approche nexus, où les bénéficiaires ont reçu un premier appui d’urgence de la DG ECHO puis l’appui complémentaire de la Délégation. AVSI a travaillé sur le volet graduation de ces bénéficiaires et a œuvré pour tenter de les rendre plus résilients et moins dépendants de l’aide externe.
Par ailleurs, à travers son programme d’éducation, l’UE contribue à améliorer l’employabilité des jeunes à travers le développement de l’offre de formation technique et professionnelle.
L’UE contribue également à adresser les besoins urgents de la population haïtienne à travers son bureau pour l’aide humanitaire (DG ECHO), en prenant le soin de mettre l’accent particulièrement sur les femmes, les enfants, les personnes handi- capées et les ménages à faibles revenus tout en encourageant de fait une approche inclusive et intégrée, en lien avec les Objectifs de Développe- ment Durable (ODD).
En tant que partenaire engagé aux côtés de l’État haïtien depuis des années, l’Union européenne inscrit son appui dans une perspective de solidarité internationale et de développement durable, en vue d’un avenir plus juste pour les populations les plus défavorisées, et participe activement à jeter les bases d’un système de protection sociale équitable et résilient en Haïti.
DevHaiti

