République dominicaine, le secteur minier rapporte gros
Le potentiel minier des Caraïbes, et en particulier de la République dominicaine, est caractérisé par un paysage géologique riche, façonné par l’activité volcanique et les mouvements tectoniques, qui a donné naissance à d’importants gisements de minéraux, notamment d’or, d’argent, de cuivre et de nickel. La République dominicaine abrite la mine de Pueblo Viejo, l’une des plus grandes exploitations aurifères d’Amérique latine, avec des réserves prouvées d’environ 10.2 millions d’onces d’or, ce qui souligne le rôle du pays en tant qu’acteur clé du secteur minier régional. Cette industrie florissante est devenue de plus en plus vitale pour l’économie dominicaine, contribuant à hauteur de 4,13 % au PIB de la nation et représentant près de 46 % des exportations totales à partir de 2020 (Gate Source HR), ce qui reflète son importance stratégique dans le cadre commercial de la nation.
En termes de recettes publiques, sur une enveloppe budgétaire de plus de 11.48 milliards de dollars US, le secteur extractif a contribué à hauteur de 3,7% aux recettes publiques totales en 2020 (Cruz Investor, 2020). Bien que ce chiffre indique un certain niveau de diversification économique, la République dominicaine n’est pas fortement dépendante des revenus de l’industrie extractive, ce qui lui permet d’avoir un environnement économique plus stable. Le secteur est également une source importante d’emplois. Le secteur extractif a contribué à hauteur d’environ 0,17 % aux taux d’emploi globaux, soulignant à la fois son rôle dans la création d’emplois et la nécessité d’établir des rapports plus détaillés sur la démographie de l’emploi (EITI, 2020).
La République dominicaine a mis en place un cadre juridique complet pour la protection de l’environnement, notamment en ce qui concerne les activités minières. La loi générale sur l’environnement et les ressources naturelles (loi n° 64-00) stipule que tout projet susceptible d’avoir un impact sur l’environnement, comme les opérations minières, doit faire l’objet d’un permis environnemental. Les demandeurs doivent soumettre des informations détaillées sur leurs projets, y compris les impacts environne- mentaux potentiels et les plans de gestion, et pour les projets ayant des impacts significatifs, une étude d’impact sur l’environnement (EIE) est nécessaire.
Plusieurs lois et politiques clés soutiennent la protection et la gestion de l’environnement en République dominicaine. La politique nationale sur le changement climatique (2015) et la stratégie nationale de développement 2030 mettent l’accent sur l’adaptation au climat et l’atténuation de ses effets dans différents secteurs. En outre, la loi n°225-20 sur la gestion intégrale et le co-traitement des déchets solides encourage le recyclage et établit des protocoles de sécurité pour l’élimination des déchets dangereux, abordant ainsi les impacts environnementaux de la gestion des déchets solides.
Malgré des un cadre légal solide et prometteur, la République dominicaine est confrontée à de graves problèmes environnementaux liés au secteur minier, notamment la contamination des ressources en eau par des métaux lourds et des toxines, ce qui affecte la santé des communautés locales et la viabilité de l’agriculture. La qualité de l’eau s’est détériorée, avec une augmentation des bactéries coliformes, rendant l’eau impropre à la consommation. Depuis 2011, les populations vivant à proximité des sites miniers ont recours à l’eau en bouteille, tandis que les cultures subissent des pertes importantes, comme le pourrissement des fruits avant la récolte (Country: Dominican Republic – Water Action Hub). La mauvaise gestion des eaux usées et des déchets miniers aggrave cette pollution, ce qui nécessite des mesures urgentes pour renforcer les réglementations environnementales dans le secteur minier.
Malgré ces défis, il existe d’importantes possibilités de développement durable dans le secteur minier. Les efforts de collaboration entre les gouvernements, les organisations non gouvernementales (ONG) et les organismes internationaux peuvent renforcer les initiatives en matière de protection de l’environnement et de santé communautaire. Par exemple, l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) joue un rôle crucial dans l’équilibre entre la prospérité économique et la préservation de l’environnement, en promouvant la transparence et la responsabilité dans le secteur. En outre, les investissements dans les infrastructures locales et les programmes de santé communautaire peuvent améliorer les résultats pour les personnes touchées par les activités minières, créant ainsi une société plus résiliente qui peut bénéficier du potentiel économique de l’exploitation minière. En adoptant une approche holistique qui donne la priorité à la durabilité environnementale et au bien-être des communautés, les Caraïbes en général, et la République dominicaine en particulier, peuvent transformer leur potentiel minier en un catalyseur de change- ment positif.

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