Cap-Haïtien : Moins de 10% des contribuables ont acquitté leurs obligations fiscales
La génération actuelle des Plans communaux de développement (PCD), la quatrième, est alignée sur le social, l’économique, la gouvernance et le territoire comme piliers. Cette génération prône la cartographie des services sociaux. Elle prend en compte l’approche genre, l’inclusion sociale, le changement climatique et les Objectifs de Développement Durable (ODD).
En termes de grandes lignes méthodologiques, a précisé Ulrick Jean Claude, PDG de l’Institut de Formation et de Services (IFOS), ayant participé dans l’élaboration de la plupart de ces PCD, le processus met en commun des acteurs étatiques, des acteurs de la société civile et les acteurs du secteur des affaires. Il priorise deux phases de diagnostic dont le premier, à savoir le diagnostic technique, prend en compte le genre et le développement local, la santé et l’assainissement, les risques et désastres, la sociologie, l’éducation, l’agronomie et génie rurale, l’économie, le commerce et l’industrie, la gouvernance locale, les infrastructures et génie civil.
Les communes de Limbé, de Bas-Limbé, de Limonade (2e génération), de Quartier-Morin, de Milot, d’Acul-du-Nord (2e génération), de la Plaine-du-Nord, du Cap-Haïtien ont déjà élaboré leurs PCD entre 2009 et 2022. Pour le département du Nord-est, seulement la commune de Caracol a élaboré son PCD. Dans le Plateau Central, les communes de Lascahobas, Belladères, Saut d’Eau… Dans le Nord-Ouest, seulement Bassin Bleu, Chansolme et Port-de-Paix qui n’ont pas encore leur PCD.
En 2027, le Cap-Haïtien dit vouloir être une métropole intelligente et responsable travaillant à la résilience et à la restructuration de son territoire, une destination touristique organisée dotée d’une économie diversifiée et inclusive, à large base régionale et ouverte sur l’extérieur, un territoire où vivent des citoyen.es engagé.es, avisé.es, conscient.es jouissant des services sociaux dans le respect de l’Etat de droit, la justice, la sécurité, l’égalité de genre dans la bonne gouvernance. La commune veut renaître de ses cendres par la refonte de la gouvernance locale, la réorganisation du territoire et la mise en place d’infrastructures sociale et économique pour la création de meilleures conditions matérielles d’existence et l’amélioration de la qualité de vie de la population locale et régionale.
La commune du Cap-Haïtien s’est dit, à travers son PCD, qu’elle va faire une renaissance territoriale, une renaissance économique, une renaissance sociale et une renaissance institutionnelle. En termes d’orientation stratégique, elle prône la réorganisation du territoire communal et la réhabilitation durable de l’environnement et le développement de la résilience du territoire, le renforcement de la gouvernabilité du territoire, la modernisation et la diversification de l’économie, la promotion du développement humain et social.
Le PCD du Cap-Haïtien prévoit 49 actions en termes de gestion du territoire à hauteur de 968 millions de gourdes ; 39 actions pour l’environnement et la résilience aux chocs climatiques à hauteur de 180 150 000 gourdes ; 30 actions pour le développement économique à hauteur de 167 950 000 gourdes ; 30 actions pour le développement humain à hauteur de 93 250 000 gourdes ; 13 actions pour l’équité de genre et inclusion sociale à hauteur de 12 750 000 gourdes. En total, plus de 1 459 800 000 gourdes d’investissements pour les différents domaines d’intervention.
S’agissant du potentiel fiscal de la commune du Cap-Haïtien, au niveau de la commune, 50 000 propriétés ont été recensées. Si l’on arrive à collecter un montant moyen de 12 000 gourdes par contribuable, on a un revenu potentiel de 600 millions de gourdes. Ce qui pourra donner sur les 5 ans de la mise en œuvre du PCD un milliard de gourdes. «Qu’en est-il de la réalité ? Seulement 60 millions de gourdes de recettes ont été collectées. Sur 50 000 contribuables, seulement 4 198 ont acquitté leurs obligations fiscales. Ce qui représente 8.4% des contribuables», a indiqué Ulrick Jean Claude lors de son intervention au Sommet régional de la Finance organisé par le Group Croissance en décembre dernier au Cap-Haïtien.

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