Développement durable

Principales sources de financement de l’économie et du développement durable en Haïti

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Le financement de l’économie provient de plusieurs sources, dont les principales sont les suivantes : le financement public, à partir des lois de finances ; le financement privé, à partir du système financier et de l’investissement direct étranger (IDE) ; et, l’aide publique au développement.

L’étude du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), parue en mars 2022, intitulée «Etudes rétrospectives sur les transferts de fonds de la diaspora haïtienne», note que les transferts de fonds de la diaspora et le crédit au secteur privé, pris en pourcentage, sont les plus importantes sources de financement de l’économie haïtienne. Les premiers tendent à croitre, tandis que le crédit tend à diminuer depuis quelques années.

Alors que le crédit bancaire au secteur privé tend à diminuer au cours des cinq dernières années, le niveau de liquidité des banques tend à augmenter, révélant une augmentation du rationnement du crédit, probablement à cause de l’instabilité sociopolitique. Quant aux IDE, ils tendent à stagner.

Financement public

Le financement public de l’économie est réalisé à partir du budget. La constitution haïtienne fournit le cadre légal général des finances publiques, traitant plus précisément du budget de l’Etat. La préparation du budget, suivant l’article 11-2 de la constitution, est du ressort du pouvoir exécutif. L’élaboration de la loi de finances est réalisée par le ministre des Finances, sous l’autorité du Premier ministre, et avec l’appui du ministre en charge de la programmation des investissements. En fait, le budget est donc préparé par le Ministère de l’Economie et des Finances (MEF), avec l’appui du ministère de la Planification et de la Coopération Externe (MPCE), ce dernier étant responsable du programme d’investissement public (PIP).

L’élaboration du PIP est soumise à la régulation du ministère de la Planification et de la Coopération Externe (MPCE) qui gère le fonds d’investissement public (FIP) créé par le décret du 3 octobre 1984. Au niveau du MPCE, la Direction de l’Investissement Public (DIP) gère le système national d’investissement public (SNIP), assurant aussi l’interface avec toutes les entités qui y interviennent. C’est donc au niveau de cette direction que l’élaboration du PIP est régulée et coordonnée. Les ressources qui alimentent le PIP sont définies par la loi. Il s’agit de :

1.         Les fonds du Trésor Public ;

2.         Les fonds propres des organismes autonomes et entreprises publiques ;

3.         Tous les autres fonds nationaux ;

4.         Les prêts et dons provenant de la coopération bilatérale et/ou multilatérale

Aide publique au développement

L’aide publique au développement (APD) est constituée de dons et de prêts concessionnels qui visent la promotion du développement économique et le bien-être. Le budget de la République d’Haïti est dépendant de l’aide internationale ou encore l’aide publique au développement. Cette contribution prend la forme de financement de projets de développement ou d’investissement.

En dépit de son poids important, l’aide au développement ne contribue pas au développement de beaucoup de pays. Pour les années 2000 à 2019, en moyenne l’aide publique au développement est de 7.3% du PIB par année. L’aide publique au développement dont bénéficie Haïti représente 3.65 plans Marshall par année. Ledit plan Marshall qui, en son temps représentait, 2% du PIB français. Donc, Haïti bénéficie de plus de 3 plans Marshall par année.

L’Etat a peu de contrôle, en termes de supervision, sur l’utilisation de l’aide dont une bonne partie est orientée vers les ONG. Toutefois, une certaine partie de l’aide est utilisée sous la forme d’appui budgétaire. Cependant, cet appui est certaines fois décaissé presque en fin de période. Le retard dans le décaissement de l’appui budgétaire est utilisé pour justifier, en partie, le dépassement du seuil de financement monétaire du budget. En ce qui concerne les investissements publics, ce retard peut affecter négativement le processus d’implémentation des projets.

Financement du secteur privé

Le financement formel du secteur privé est assuré par le système financier. Il peut aussi être assuré par les investissements directs étrangers (IDE). Le système financier et les IDE sont donc les deux sources de financement du secteur privé.

Système financier

Le système financier haïtien est encore peu développé, en dépit de la loi bancaire du Parlement Haïtien (2012). Avec l’instabilité politique, la faiblesse de la justice, et le problème de l’insécurité, rendant peu dynamique l’entrepreneuriat haïtien, le système financier est peu dynamique. Le manque d’audace des banques de développements, en termes d’offre de produits financiers, est signalé. Ce n’est qu’au cours de cette dernière décennie qu’une société de promotion des investissements du nom de PROFIN a été créée.

Le système financier est régulé par la Banque de la République d’Haïti (BRH), la banque centrale haïtienne, qui dispose en son sein d’une direction de la Supervision des banques et institutions financières. La loi reconnait l’existence de différents types d’institutions financières:

1.         La banque ;

2.         La société de promotion des investissements, de cartes de crédit, d’affacturage ou de fiducie ;

3.         La société financière de développement ;

4.         La maison de transfert ;

5.         L’agent de change ;

6.         Toute autre société qui effectue des opérations assimilables à celles des banques.

En ce qui concerne le dernier point relatif aux sociétés qui effectuent des opérations assimilables à celles des banques, il prend en compte les coopératives d’épargne et de crédit (CEC). Comme les banques qui sont supervisées par la BRH, il en est de même des CEC, comme le précise la loi sur les coopératives d’épargne et de crédit (Parlement Haïtien, 2002). En fait, la supervision des CEC par la BRH s’explique au fait que ces institutions financières reçoivent des dépôts. Il est donc important de les réguler pour s’assurer qu’elles soient bien gérées, afin de protéger les déposants.

Il n’y a pas encore de marché boursier en Haïti, bien que la loi qui créa la BRH indique que la banque centrale peut prendre les mesures nécessaires pour favoriser le fonctionnement d’une bourse de valeurs mobilières. Plusieurs raisons peuvent expliquer l’absence d’une bourse de valeurs mobilières en Haïti, notamment le fait que le secteur privé haïtien soit essentiellement constitué d’entreprises du secteur informel. La création d’une bourse de valeurs mobilières requiert une certaine préparation, notamment la garantie d’une stabilité politique et sociale et l’allègement des procédures administratives pour créer une entreprise.

Investissements directs étrangers

Lorsque l’on considère l’évolution des investissements directs étrangers (IDE), on peut noter qu’ils sont quasiment aussi faibles que les investissements publics. Cette faiblesse des IDE peut s’expliquer par celle des investissements publics. En fait, avec de faibles investissements publics, et de plus, avec des d’efficiences dans la qualité des projets d’investissement public, les infrastructures sont peu disponibles en Haïti. Les investisseurs étrangers ont besoin d’accéder à des infrastructures de base, pour le bon fonctionnement de leurs entreprises. L’absence ou la faiblesse des infrastructures comme l’électricité de qualité et un bon débit d’internet, aussi bien qu’un faible niveau de capital humain, les incite à s’orienter ailleurs au lieu d’investir en Haïti. En fait, les infrastructures physiques aussi bien que le capital humain sont nécessaires pour attirer les IDE.

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