Tarifs douaniers américains, que peut Haïti ?
Avec le second mandat de Donald Trump aux États-Unis, le commerce mondial est au cœur des préoccupations. La décision du gouvernement amé- ricain d’augmenter ou d’imposer des droits de douane aux partenaires commerciaux des États-Unis en est la cause. Même si la décision est, dans la majorité des cas, en suspens, cela n’empêche qu’elle provoque une onde de choc à travers le monde. Étant la première puissance économique du monde, les États-Unis constituent le partenaire commercial de rêve de presque tous les pays du monde. Cela explique pourquoi la décision du président Donald Trump par rapport aux droits de douane provoque autant de remous.
Si certains des pays comme la Chine et le Canada tentent de faire du tac au tac avec les États-Unis, d’autres comme les membres de l’Union européenne réfléchissent aux mesures à prendre en vue de minimiser sur le long terme la décision américaine. Dans ce débat, certains pays cherchent à convaincre les États-Unis d’avoir pitié d’eux, tandis que d’autres s’alignent sur la position des autres et attendent avec inquiétude ce que l’avenir leur réserve.
Haïti, petit État caribéen, figure parmi les pays qui ne peuvent pas répondre coup pour coup à la première puissance économique du monde. Haïti est aussi sur la liste des États qui subiraient le plus des conséquences de l’augmentation des droits de douane dans le commerce mondial. Avec une production nationale en berne et une dépendance considérable du marché extérieur, Haïti doit se croiser les bras pour que la guerre commerciale annoncée ne se tienne pas. Les analyses sur les éventuelles graves conséquences de l’augmentation des droits de douane sur les plus pauvres sont à profusion sur les plateformes d’information. Ces analyses alertent aussi sur le danger du protectionnisme qu’on avait abandonné aux lendemains des guerres mondiales. Fixer des droits de douane pour protéger son marché – comme les États-Unis veulent le faire –, c’est une tentative de retour au protectionnisme comme avant les guerres mondiales.
La libéralisation du marché devait permettre aux pays d’harmoniser leurs relations, de s’enrichir dans l’objectif d’éviter d’autres conflits mondiaux comme les deux guerres mondiales. Faut-il briser ce pacte? Les partenaires commerciaux influents des États-Unis peuvent-ils ramener Donald Trump à la raison? L’Organisation des Nations unies ayant pris naissance après la seconde guerre mondiale dans le but d’aider les pays à trouver d’autres mécanismes que la guerre pour régler leurs différends, pour- ra-t-elle quelque chose ?
Personne ne sait de quoi demain sera fait avec la nouvelle administration américaine qui prône les États-Unis d’abord et contre tous. Ce n’est pas la voix d’Haïti qui va changer les choses. D’ailleurs, dans cette guerre commerciale annoncée, la voix d’Haïti est inaudible. N’étant pas un géant du commerce mondial, Haïti devait être moins concernée par cette éventuelle guerre. D’ailleurs, les autorités haïtiennes disent avoir la certitude que notre textile sera exempt des droits de douane américains. Mais, pour un pays qui ne produit presque rien, il est difficile de s’échapper aux conséquences de la mesure américaine. N’est-ce pas le bon moment pour Haïti de procéder à sa réforme fiscale avec l’adoption du nouveau code douanier ? Ce nouveau numéro consacré aux droits de douane fait le tour d’horizon de la question ailleurs et en Haïti. Une meilleure compréhension de la problématique des droits de douane se révèle cruciale pour nous aider à prendre de meilleures décisions dans ce contexte d’incertitude. Il revient aux autorités constituées de prendre les décisions appropriées, mais cela doit être dans l’intérêt des citoyens. Aider les citoyens à s’immiscer dans ce débat, voilà le bien-fondé de ce numéro.
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